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Les relations numériques

Aujourd’hui on a des amis facebook, des followers twitter, des connections linkedin, des copains d’avant. Facebooker et Googler sont devenus des verbes du premier groupe. On ne va pas re-polémiquer sur ces relations via écran qui faussent les anciennes, sur cette vérité qui veut que, bien que fort de 417 amis sur facebook, en vrai on n’en a que 10, sur ces amis qui n’en ont jamais été et qui nous fatiguent à renfort de statuts « j’ai mangé une pomme à midi » et je t’envoie 12314 invitations pour participer au grand sondage « sens-tu la transpiration? » Ou encore sur cette qualité révolutionnaire qu’ont pu avoir récemment les réseaux sociaux.

Alors avant que nos laptops soient autodafés, reconnaissons à cette vie sociale écranique, qui comble la solitude de certaines soirées, de nous offrir des moments notables:

Lorsque la fille reçoit un email d’un ancien amoureux, un genre de mail commun, sans intérêt, mais alors qu’elle n’a pas de nouvelles de lui depuis près de deux ans, elle juge opportun de lui répondre pour prendre des nouvelles. Et puis elle arrêtera car il aura terminé son email de réponse par « à pluch ». Et quand on sait que le garçon en question est celui qui a largement inspiré L’homme vieux, on se consterne de sa phrase de conclusion et on se dit que dix ans après votre histoire il n’a toujours pas mûri. Et que lorsqu’il devait flirter avec ses premières copines sur tam-tam ou autre bipop que la fille n’a pas connu, il devait déjà dire « ça roule ma poule ». Alors « salut vieille branche ».

Lorsque la fille reçoit un email d’un ami un peu perdu de vue, qui commence ainsi :  « J’écoute une chanson de Fuzati qui parle d’une nana qui faisait bander tout le monde dans l’amphi à la fac. Alors curieusement je pense à toi, cette jeune fille toujours isolée dans un amphi ou on avait l’impression d’etre attardée à ton regard si serieux. Ne pas te parler ni te voir looser dans les couloirs de la fac comme chaque étudiant en peine d’un destin nous faisait imaginer n’importe quel fantasme. on te prettait je crois des 

vies en marge de notre âge. Aujourd’hui la demoiselle a toujours une longueur d’avance et vit à l’autre bout du monde là ou tout le monde sait qu’il y a des choses à faire mais hélas le cordon ombilical est trop court. Alors long time no see, mais les fantasmes courent toujours. » On se dit que le facteur mail apporte parfois de belles surprises et qu’il est temps d’être davantage en contact avec ce jeune homme. A moins que ce soit la parcimonie des échanges qui les rendent plus délectables?

Lorsque la fille reçoit un email du dernier petit ami en date qui l’enjoint à cliquer sur le lien suivant parce « life is too beautiful to miss that ». Elle se dit qu’il y a des programmeurs de virus qui sont au choix, bien malins ou bien chanceux, et que si elle avait été plus con, of course, elle aurait cliqué sur le lien. Mais elle sait bien que l’ancien amoureux n’aurait pas été du genre de ceux qui sont romantiques et qui envoient des photos du dernier weekend crapuleux comme on envoi des bouteilles à la mer pour récupérer le coeur d’une dulcinée perdue. Elle en conclue simplement que c’est un signe, ce garçon là est un virus.

Lorsque la fille rêve d’un amoureux d’école primaire, elle pense quec’est un signe (il faut qu’elle arrête avec les signes…) et qu’il est opportun de le retrouver. Quand l’ancien camarade porte un nom aussi commun qu’Antoine Martin (nb. le nom a été modifié), c’est comme l’aiguille et la botte de foin. Néanmoins, dans ce monde 2.0 dans lequel nous vivons, où chaque quidam a des compétences de renseignements généraux, il est facile  de limiter les résultats à trois profils compatibles. Il y aura donc un Antoine Martin coiffeur et déjà père de 3 enfants (les gens, c’est quand même la base de confidentialiser son profil à ses seuls amis!), un Antoine Martin représentant Groupama (merci Linkdin) et un Antoine Martin prof à Sciences Po. Qui va-t-elle contacter?

Et la fille de se dire que, khallas, il est temps pour aujourd’hui de se déconnecter….

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Cette entrée a été publiée le 21 mai 2012 à 1705 43 et est classée dans Flair. Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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