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L’homme tatoué

Je me souviens avec éclat de rire d’une amie qui, se rapprochant d’un jeune homme découvrit avec effroi, un souvenir aïeul. Le garçon, alors qu’il était torse-nu laissa voir sur son pectoral le tatouage de feu sa grand mère. Mon amie laissa le garçon et sa grand mère peinte, l’histoire fut avortée.

 

Je me souviens avec dégoût de Michel Simon dans L’Atalante et son corps entièrement tatoué de ce qui ne peut être appelé autrement que gribouillis, et de son nombril qu’il faisait fumer car représentant la bouche d’un affreux visage.

Je me souviens avec émoi de cette cheville bronzée et « tribalement » tatouée de ce joli surfeur à la peau bronzée, qui sentait bon le sable chaud.

J’ai toujours eu une relation d’attraction vs. dégoût avec les tatouages. Le marquage au corps, est, si ce n’est t un rite d’évolution, au moins un acte d’émancipation. Cela relève également d’histoires culturelles, Stéphane Martin, président du Musée du Quai Branly ne viendra pas me contredire. De la même façon qu’il y a une tradition du costume vernaculaire, l’art de l’encre sous-cutanée a son histoire -qui ne sera pas développée, n’ayant pas fait de thèse sur la question…mais il doit bien y avoir une littérature sur le sujet!-

Alors comment avons-nous pu passer d’un art primitif esthétiquement beau, à un marquage  »beauf » du corps, i.e tête de loup sur l’épaule en mode fan de Johnny?

Car si tout un chacun connaît la symbolique de son propre tatouage, son histoire, sa raison d’être, malgré tout cela, certains dessins faillent à l’examen esthétique. Et à l’examen du bon sens. L’adolescente stupide et rebelle que j’ai pu être, est aujourd’hui heureuse de ne pas avoir sur le corps le stigmate de ses désiderattas d’époque. Sans quoi elle arborerait maintenant un diable en haut des reins, catégorie tatouage de pétasse. Si nous devions établir des règles du tatouage, la première, à inscrire à l’encre indélébile, c’est que le tatouage est éternel. Alors doivent passer à la trappe, les prénoms d’amoureux en lettres chinoises, l’amour s’étiole, l’encre sous la peau, jamais! La seconde serait le lieu du tatouage, le corps vieillissant, se ramollissant, se ridant, une étoile à côté du nombril finira, à force de grossesse ou packs de bières par ressembler à une comète déchue.

Il y a, je crois, plusieurs catégories de tatouages. La première, comme cet homme croisé à la piscine, est le tatouage fan de Johnny, tête de loup, indien Appache, Pin Up, généralement sur le dos ou sur l’épaule. C’est un tatouage figuratif.

Le tatouage repris de justice, souvent une initiale entre le pouce et l’index ou une ancre à l’encre marine.

Le tatouage pétasse, généralement défini par le lieu du corps où il se trouve, haut des reins, aine, bas ventre ou encore ce que l’on voit fleurir récemment, noeuds représentatifs de faux collants.

Le tatouage oeuvre d’art, où la peau vient remplacer la toile du peintre. Absolument impraticable à moins de vouloir vendre sa peau à un riche esthète chinois.

Le tatouage abstrait, mantra en alphabet arabe, tribal, coordonnées géographiques type tatouage Angelina Jolie.

Aujourd’hui encore je ne saurais être contre ou pour les tatouages. Chacun est libre de son corps, mais à tous vouloir le marquer, ne finirons-nous pas pour nous ressembler? Et à ne plus ressembler à des grands-mère lorsque nous vieillirons. Car ma grand-mère à moi, sa peau n’était que ridée!

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Cette entrée a été publiée le 2 juin 2012 à 1301 44. Elle est classée dans Encyclopédie masculine et taguée , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

3 réflexions sur “L’homme tatoué

  1. Le , Laura a dit:

    Cette première anecdote me rappelle quelque chose… Ahahah la loose !

  2. Heureusement que j’ai des amies pour alimenter mes écrits!

  3. The Tattooed Guy.
    I have a funny recall about a friend telling me while she was close to get closer with a man, to have found with dread, the tattoo of his Dead grand-mother’s face on his chest. End of their story.
    I have a disgunsting recall of Michel Simon in the movie L’atalante and his fully tatooed body, with drawing can only be defined as scrabbles. And his smoking belly button.
    I have an emotional recall of this surfeur guy tanned and tribal tatooed ankle.
    I always had an appealing vs. repulsing with tattoos. If marking the body is not only an évolution ritual it is also an emancipation act. It is also something from cultural history, any director of a primitive arts gallery won’t tell me no. The same way there is an history of the local costume there is an history of the underskin ink.
    So how come from a nice primitive art we end up with a redneck style drawing, like the wolf head on a shoulder ?
    Because even if every tatoo has its own signification, symbolism, story, despite that some of them failed at the esthetic exam. And at the good sens exam. The stupid teenager I was, is now happy not to have the mark of my that-time-wants. Otherwise, I’d had a devil on my back, hore category !
    If tattoos rules must be edicted, the first one must be the eternity of the tatoo. This is the reason why, boyfriend’s names in chinese letters must be forgotten. Love goes, underskin ink, never. The second rule must be the location of the tatoo. Body getting older, getting flappy, getting wrinkles, a star next to the belly button, after pregancny and beers pack, will end up as the same shape as the chaos.
    To my opinion, there is several catégories of tattoos. The first one, as that guy at the pool, the Keith Urban’style one ; wolf head, Appache, Pin up, most of the time on the back or on the shoulder. Figurative tattoo.
    The former prisonner tattoo, generaly an initial letter between the thumb and the forefinger in navy blue ink.
    The masterpiece tattoo, where the skin replaces the canvas. Definitly unwearable unless you want to sell your body to a wealthy chinese collectionner.
    The abstract tattoo, mantra in arabic letters, tribal, coordinates like Angelina Jolie.
    Today, still, I don’t know if I am pro or against tattoos. Everyone owns his body freedom, but if we all want to mark it, won’t we look all the same ? And we won’t look like grandma when we will be old. Because, my grandma, her skin was only marked by wrinkles !

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