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Haram

Depuis quelques jours, à chaque fois que je vais courir (il n’y a pas dans cette phrase de coquille, si si je cours!), je croise un homme, ou une statue, ou un homme statue, un être humain sans nul doute, mais que je suis la seule vraisemblablement à voir. Et pour cause, tel un phasme, il se fond dans le parc, son visage maquillé de la poussière calcaire du sol, habillé de guenilles aussi déchirées que les feuilles des arbres en automne, cloué sur son banc comme les chênes sont plantés au milieu des pelouses. Coi, même le souffle du vent ne le fait ciller. Ce pourrait être beau si ce n’était pas triste, ce pourrait être poétique si ce n’était pas catastrophique. Il me touche ce hobo.

Et quelle ironie qu’en face de lui soient installées les superbes sculptures de Jaume Plensa, aussi statiques et grises qu’il l’est, tenant aussi fermement des troncs d’arbres qu’il tient son journal. Comme si une forme de solitude était représentée d’un côté par la misère et de l’autre par l’art. Et dans les deux cas, avec quelque-chose-de-je-ne-sais-quoi-d’élégant. J’aimerai lui dire qu’il m’émeut autant que les statues de l’artiste catalan. Je n’oserai jamais, alors je vous l’écris.

La chanson voudrait que la misère soit moins triste au soleil, elle est peut être moins perceptible, mais pas moins triste. Haram.

Jaume Plensa

For a couple of days, every time I go for a run (there is no mistake in that sentence, I do run!), I meet a man, or a block, or a block-man, without doubt a human being but I’m the only one to pay attention to him. Probably because, such as a stick insect that man fades into the park, making up his face with the dust of the stones, wearing clothes like torn fall leaves, hammered on his bench like oaks planted on the grass. Stone-faced, even the blow of the wind make his eyelashes move. It could have been beautiful if it wasn’t sad, it could have been poetic if it wasn’t bad.  Touchée by that hobo.

And how ironic it is to see in front of him the Jaume Plensa’s sculptures. Which are as static and grey as he is, holding strongly trunks while he holds his newspaper. Just like if some kind of loneliness was contented in both; misery and art. And in both with some I-don’t-what-of-elegancy. I wish I could tell him that he moves me as much as the catalan artist. But I won’t dare so i’m telling you.

In a song they say, that misery would « be less sad under the sun », it might be less visible indeed, but less sad, of course not. Haram.

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Cette entrée a été publiée le 4 juillet 2013 à 2109 12. Elle est classée dans Flair et taguée , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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