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terra trema

Houston, ou plutôt Rimini, we have a problem, ce n’est pas l’Italie à laquelle je m’attendais. C’est plutôt Lacanau Océan puissance 100 (ou Laganas, cf. voyage précédent). Qu’aillent bruler dans l’enfer du mauvais goût, les promoteurs immobiliers qui sous prétexte d’offrir au plus grand nombre des congés payés en bord de mer, ont cru de bon ton de construire ces cages à lapins pour humains… Ainsi que tous ces commerçants qui ont cru porteur le commerce de la lunette de soleil fluo et la cover de smartphone en latex.

Premiers pas donc en Italie, en compagnie de mon nouveau collègue. Il a peur de tout, de l’avion (et de le rater), du taxi, du train (et de le rater), de prendre une rue adjacente –qui avait pourtant l’air moins touristique, de ne pas se réveiller, de travailler le samedi (de travailler tout court), de manger ci, de toucher ça. Face à lui, j’ai l’impression d’être en surdose de testostérone. C’est peut être cette assurance qui fait fuir les hommes. A méditer.

Armée, comme les gladiateurs à touristes du Colisée, d’un positivisme à toute épreuve, j’oublie le voyage insupportable dans ce supermarché volant qu’est Rayanair, j’oublie mon collègue qui me broie la main à chaque trou d’air, et l’autre voisin qui se cure le nez et manque d’essuyer ses trophées sur ma veste, j’oublie que je vais passer un mois à apprendre à sortir des tshirts d’un carton et à les plier, j’oublie le salaire de misère pour lequel on m’a vendu ce poste, j’oublie que je vais rater le baptême de celle qui aurait pu être ma filleule si j’avais été là,  j’oublie ce weekend de festivités sur les abords du lac de Côme pour les 30 ans de mon meilleur que je vais rater. Enfin… je pourrais tout oublier si je n’avais pas appris la mauvaise nouvelle du soir… sans espoir.

En overdose de Coué donc, quand on m’amorce une phrase par “Charlotte, j’ai une mauvaise nouvelle”, je m’attends à une litote, je m’attends à ce que l’on me dise demain, on ne commence pas la formation, on vous fait visiter la ville. Il y a vraisemblablement davantage d’espoir en moi que dans le karma qui m’entoure et qui s’amuse (il faudrait que ça cesse, NDLA) à me gifler. En effet, la nouvelle en est bel et bien une mauvaise “il n’y a plus de chambres disponibles, il faudra donc qu’on la partage” dixit ma responsable. Seulement, à mon sens le team building ce n’est pas synonyme de bed sharing. A qui me tient par la barbichette, j’ai du rire la première et c’est le karma qui m’a donné une tapette.

Et d’entendre jusqu’à 3h du matin, les ploucs s’époumoner au karaoké d’en bas.

C’est plus terranova, mais terra trema.

 

Houston, or rather Rimini, we have a problem, it is not the Italy I expected.  It looks more like this crappy seaside touristic places (like laganas, cf. here). Go to hell, all the real estate developer who thought, payed holidays-wise, useful to build those ugly rabbit cages for humans. As well as all the retailers who believed in the trade of neon colors sunglasses and latex smartphone covers.

First step thus in Italy, along with my new colleague. He is scared by everything, by the plane (and missing it), of the taxi, of the train (and missing it), to take a side street –even if it was less crowded, by working on Saturdays (by working only), by eating this, by touching that. Next to him, I’m having a testosterone o.d. Perhaps as a fearless girl,  I drive men away. I need to consider that option.

Equipped with a resistant positivism, I forget the hectic trip in that flying supermarket called Rayanair, my colleague who smashed my hand in case of turbulences, my aircraft neighbor who picks his nose and wipe it on my jacket, I forgot that I will spend a month learning how to unpack and fold tshirts, I forgot the ridiculous salary which made me sign up for that position, I forgot that I will miss the baptism of the one who should have been my goddaughter if I was there, I forgot that I will miss the party weekend at Come’s lake for my best friend 30th birthday. I mean, I could have forgotten everything if I wasn’t told a bad news.

So, as I was experiencing a Coué o.d, when I hear a sentence starting by “Charlotte I have a bad news” I take it as a litotes and expect to be told that tomorrow the training doesn’t really start, I will be taken for the city tour. Obviously there is more hope inside me than in the karma surrounding me which/who is enjoying (and this has to stop, author’s note) slapping me in the face. Indeed it is a bad news “there is no more available room, we have to share yours” says my new manager. But, to me, team building doesn’t mean bed sharing.  At I hold you, you hold me by tge little goatee, I might have laugh the first and the karma gave me a wee slap.

And I am hearing till 3 am the rednecks singing at the karaoke downstairs.

It’s no longer terranova but terra trema*.

 

* famous F. Fellini movie, which literally means earthquake.

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Cette entrée a été publiée le 27 août 2013 à 2311 14. Elle est classée dans Flair, L'incroyable vie d'une chômeuse et taguée , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

Une réflexion sur “terra trema

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