hellohelwe

Aucun Mariage et 2 enterrements.

Dans la vraie vie, empreinte de codes sociaux et moraux, on ne peut pas rire aux enterrements, seules les larmes ont le droit de cité. Pourtant chez moi, on a pu y rire jaune, tant les événements qui se déroulaient à côté des travées du cimetière étaient à pleurer… de rire. A faire pâlir de jalousie Emir Kusturica, pourtant auteur des scènes de veillées funèbres les plus loufoques, de  ne pas avoir écrit dans ses scénarii ce qui suit.

Tome 1.

Au milieu des années 90, quelque part dans un tout petit village de Charentes, au doux nom d’Aigre (sic), s’éteint Jean, 90 ans. A presque un siècle, sa disparition n’est pas ce qu’on appelle une mort injuste et ça ne serait donc pas dramatique s’il ne fallait pas réexpliquer toutes les cinq minutes à sa veuve atteinte d’Alzheimer, que Jean est mort.

Il gît pourtant bien là, dans cette maison familiale de plain pied, allongé sur ce lit réfrigéré, au goût douteux, fourni par les pompes funèbres. Dans son costume de marié, une rose entre les mains. Il ressemble à s’en pincer à François Mitterrand. A croire que les terres de Charente bâtissent tous les hommes sur le même bois.

Avant de rentrer dans le vif du vaudeville ; (peut-on dans ses conditions parler de comique de situation ?) Il faut faire un point de généalogie.

Jean laisse derrière lui quatre orphelins. Les deux ainés, nés avant guerre, Marcel Claude Jacky et  Claude Michèle Marcelle. Et les benjamins, beaucoup plus jeunes, car célébrations de l’armistice, du retour au pays du père; Jackie Marcelle Claude et Michel Claude Jacky. Oùla, avec une telle répétition de prénoms, ca ressemble aux confusions de Cent ans de solitude. Et chacun ayant eu des enfants,  lesquels ne peuvent être ignorés car protagonistes des scènes suivantes, l’imbroglio généalogique ne s’arrête pas là. Marcel a eu Victoire*, Claude a eu Yasmine* et Solange*. Jackie, Aura* et Camille* et Michel, Wilfried*. Complètent l’arbre, les enfants de Yasmine et Solange. Pour la première Grégory * et Pétunia*, et leurs cousines germaines Soledad* et Natanaelle*.

(* certains prénoms ont été modifiés, d’autres non, car franchement, ça ne s’invente pas)

A quelques heures de la messe, la famille au grand complet, se presse dans la maison. Se terre dans le potager une petite fille de 7 ou 8 ans, choquée d’avoir vu son pépé (no comment, c’est comme ça qu’ils s’appellent en Charente) mort et congelé sur son frigo horizontal, ainsi elle n’est pas témoin direct du climax de la journée, mais elle se permet de le raconter. Car à travers les rangées de tomates, elle a vu et elle sait.

Le nœud de l’histoire c’est, comme souvent dans les enterrements, une sombre discussion d’héritage, pour environ 20 000 francs (une devise que les moins de 20 ans…) et qui se chargera de Mémé Alina ? Forcément, ca dégénère. Autour du corps refroidi du grand père, le ton monte et la famille se scinde en deux camps. Ce serait un film de Chabrol si ça s’arrêtait là, mais on est chez Kusturica. Alors Yasmine, qui en furie, cherche à molester sa cousine germaine, lève les poings et adresse un uppercut, manque sa cible, et atteint son oncle Marcel, qui chancelle, vacille, perd l’équilibre et tombe sur le corps mort de son père, qui à son tour glisse de son lit frigo pour venir s’étaler sur le parquet de sa chambre. Devant le regard ahuri des voisins venus présenter leurs condoléances.

Au moins les pompes funèbres n’auront pas été payées pour rien, elles ont à faire une double mise en bière.

Durant la messe, l’architecture d’une église prend tout son sens, des deux côtés de la nef, s’installe le schisme familial. Même les portes drapeaux qui encadrent le cercueil s’accordent au tempo de la journée, et s’invectivent pendant l’éloge funèbre.

Et sur le parvis de l’église,  alors que la famille s’apprête à aller au cimetière Alina, de dire :  « bon c’est bien tout ça, mais il est où Jean ? »

To be continued…

Zero wedding and 2 burials.  

In real life, standardized by socials and morals rules, is it forbidden to laught at funerals, only tears have the rightful place. But, in my family we can sour laugh, just as well as the events occurred next to the cimeterry rows were lead to cry… laughing. Emir Kusturica, even if he was the best author of the funniest burials scenes could have been jealous because he didn’t write the following in his movies :

Tome 1.

In the middle 90’s somewhere in a tinny village of Charente, well named Aigre (aigre in French means “sour”) dies Jean, 90 years old. At almost a century, his loss isn’t exactly what could be called an unfair death. Therefore it won’t be a drama if we didn’t need to explain again and again to his alzheimered widow that Jean is dead.

Though he lays here, in the family house, on a kind of fridge mattress. In his groom tuxedo, he incredibly looks like the former French president François Mitterrand, also native from Charente, just as if this Charente land build the men on the same mold.

In order to understand what happened we need to stop on the genealogy.

With his loss, Jean left four orphins, the two older children, born before WW2, Marcel Claude Jacky and Claude Michèle Marcelle. And the two youngers, Jackie Marcelle Claude and Michel Claude Jacky. Oulala, with such a repetitive names, we feel like in the family mess of One hundred years of Solitude. Plus, each of them, have their own children, who cannot be left over, as the will be main characters of the following scenes. Marcel is the father of Victoire*, Claude of Yasmine* and Solange*, Jackie of Aura* and Camille* and Michel, Wilfried*. The family tree is completed by the kids of Yasmine, Grégory* and Pétunia*, and the ones of Solange, Soledad* and Natanaelle*.

(* some names have been modified, some others not, cause frankly , who can invent such names???)

Few hours prior to the messe, the whole family is in the house. Hidden in the backyard a small little girl, about 7 years, chocked of having saw her granda dead and frozen on his horizontal fridgebed. Therefore she is not in the middle of the drama climax of the day, but she can tell.

The story crux, as always in funeral, is a sad matter of money and heritage. The worst is that is only for a few dimes.  And who will take car of grandma Alina? Of course, it  degenerates. Around the cooled body argues start and the family split into two camps. It would be a Claude Chabrol movie if it would have ended here, but here we are in a Kusturica screeplay. So Yasmine who intended to punch in the face her cousin, failed to succeed, missed the target but reached her uncle’s face, who totters, cannot remain stable and felt down on his father dead body. In front of all the neighborhood, went here to offer their condolences.

At least, the funeral firm won’t bill for nothing, they will have to put the death twice in the coffin.

During the mess, the architecture of a church becomes very clear and meaningful. On each sides of the alley, the two opponent part of the family. Even the former combatants, here to carry a flag upon the coffin are arguing.

And on the church step, before going to the cemetery, Alina said “well, ok, but where is Jean?”

…..To be continued…

Publicités
Cette entrée a été publiée le 27 octobre 2013 à 2210 18. Elle est classée dans Flair et taguée , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

Une réflexion sur “Aucun Mariage et 2 enterrements.

  1. Le , Jul a dit:

    So true. Aura…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :