hellohelwe

Suédois deuxième langue

Lorsque l’on a, comme je l’eu fait, organisé un déménagement par bateau où chaque cm3 du container doit être optimisé, on se résout à démonter (très facilement je dois le reconnaître) tous les meubles que l’on a eu en kit. Aucun doute, on y gagne résolument de la place, de l’espace. Et le container de ressembler à un stock d’Ikea en périphérie de ville.

Là où c’est moins malin c’est quand on ne pense pas à la bibliothèque. Et je ne fais pas mention de la billy. Après avoir monté ses meubles, on devrait garder, comme une sacro-sainte bible, tous les manuels d’installation. Car au déballage des cartons, face à ces grandes lattes de bois qui, in fine, doivent former un lit king size, on se sent comme un con. Mais c’est là où l’on se rend compte, avec force satisfaction, que le suédois, c’est comme le vélo ça ne s’oublie pas (la première déclinaison, i.e l’étagère billy reste quand même plus facile à se remémorer que la génitif, ledit king size).

Puis chaque emménagement entraine son voyage linguistique au pays où les rois se vêtissent de jaune. Parce qu’on se dit toujours qu’il manque une tablette dans la salle de bain, que les verres à vin n’ont pas résisté au transport, qu’il doit bien y avoir des nouveautés pour la terrasse… Alors comme un pèlerinage dans le temple de l’ameublement facile, on se rend, sur un coup de tête, en zone périurbaine. La première erreur fatale, c’est d’y aller spontanément et donc seule, on s’en rend compte après la caisse, j’y reviendrai. La seconde, c’est de croire que l’on y va que pour quelques « trucs » trois bougies chauffe-plat, un tapis de bain et des verres à vin, alors on ne prend pas de chariot, simplement un sac jaune et puis de toutes façons on va directement aller à la zone de libre service-et-puis-non-ca-fait-deux-ans-qu’on-est-pas-allé-chez-ikea-alors-on-se-le-fait-le-parcours-client. Et de fait on se retrouve avec quarante douze articles sur les bras, parce qu’une fois le coche du chariot manqué, on y plus droit ! En caisse, on croit encore que cette foultitude de pièces vont rentrer dans un seul sac bleu ; c’est assez dingue ce qu’Ikea provoque chez nous, une forme de pingrerie à ne vouloir acheter qu’un seul sac et aussi cette distorsion de la vision du monde, où tout nous apparaît plus petit qu’en réalité. Et de la même façon de croire que tout ceci logera dans le coffre de notre smart.

Chargée comme une mule, adieu la paroisse du home statging, mais le chemin de croix est loin d’être achevé. Parce que là boum ! On fait face à la bite des lamentations, celle qui, à la sortie du magasin, vous empêche de rejoindre votre véhicule avec le chariot. Et de regretter amèrement d’être venue seule, car on va devoir faire plusieurs allers-retours, avec la peur viciée au ventre qu’un malotru vous pique vos 6 verres à vin pour 3,99€.

C’est à ce moment là qu’on se dit plus jamais ça. Au moins pendant deux ans, et là ce sera encore bis repetita (non) placent.

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Cette entrée a été publiée le 10 juin 2014 à 2109 45. Elle est classée dans Flair et taguée , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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