hellohelwe

Et si on allait au cinéma ?

Une sélection de films sur l’apprentissage, sur le passage initiatique.   Qu’un enfant devienne adulte, qu’un homme devienne femme, qu’un musicien devienne un maestro, autant de chemins, parfois douloureux pour, en tuant le père, la mère, le maître, l’en-soi, parvenir à une vie si ce n’est heureuse, moins malheureuse.

Saint Laurent. De Bertrand Bonello Sortie le 24 septembre.

Le film n’échappe pas à la comparaison avec celui de Jalil Lespert. Étude de laquelle il sort grandit, alors que Yves Saint Laurent était finalement un film sur Pierre Bergé, un peu trash et un peu sex, celui ci prend le créateur comme sujet et objet de son film. La chair mise en avant dans le premier film est ici remplacée par l’étoffe. Moins de personnages satellitaires et gravitationnels, afin de rester focusé sur son sujet. La bande sonore est merveilleusement faite, parfaitement brodée, où l’on entend les respirations, le cuir, les silences et les douleurs.

Elle l’adore. De Jeanne Herry. Sortie le 24 septembre.

Ou comment passer de Vincent Lacroix à Bertrand Cantat. Film plein d’humour, ce qui n’est pas facile lorsqu’on se rattache au genre du thriller. Le scénario et les dialogues sont parfaitement écrits. Les acteurs, Sandrine Kiberlain et Laurent Laffite sont justes, supportés par des rôles secondaires aussi absurdes que géniaux.

Les héritiers. De Marie-Castille Mention-Schaar.  Sortie le 1 octobre. 

On pourrait reprocher à ce film son académisme bon-sentimental, ses clichés sur la prof parfaite, l’élève qui revient de loin, la relation amoureuse romeo et juliettesque. Sur les larmes qui nous sont tirées trop facilement parce qu’évoquer la Shoah c’est horriblement insoutenable et par le prisme de ces élèves qui la découvrent, on en redécouvre encore l’horreur. C’est facile certes mais ça fonctionne. Aussi parce qu’aujourd’hui on peut se réjouir de savoir qu’il s’agit d’une histoire vraie et qu’il y a un toujours un espoir. Que la morale de cette histoire est bonne, qu’elle vient nous dire que la curiosité est la plus grande forme d’intelligence et qu’en ne programmant pas le génocide de l’alter, on grandit. Et on apprécie de quitter la salle, sur cette boucle, sur ce recommencement nourri d’espérances.

Mommy. De Xavier Dolan. Sortie le 8 octobre. 

On entend les paroles de wonderwall « you gonna be the one that seize me« . Tu seras celui – ou celle, en l’occurrence, qui me cueille, qui me recueille ou qui me fane. Terrible histoire que cette maternité abimée par la maladie, par la folie. On ne fait jamais bien en tant que parent mais on fait de son mieux. Xavier Dolan lui fait très bien en tant que réalisateur. Il confirme ici le génie dont on le gratifie. Chaque plan est chiadé, et le format en 1 :1 est parfait. Lourd de sens, proche de ses personnages. Qui ne s’élargit que lorsqu’il y a de l’espoir ou du fantasme.

Bande de filles. De Céline Sciamma. Sortie le 22 octobre.

C’est dépeint par le scénario et peint par la photo, dans ce film la vie n’est pas rose, elle est en bleu. Le bleu froid des bureaux qu’on nettoie la nuit, des parvis de cité, des hôtels miteux de ZAC et des bleus qu’on se prend sur la gueule. Une bande de filles, c’est un gang de filles. Mais plus que ça c’est une famille, de celle qui sont censées vous aider à vous en sortir alors que les perspectives d’avenir sont plus que limitées (élément sur-signifié par la mise en scène, seulement en plans serrés, annihilant toute perspective). Mais dans cette bande les membres sont interchangeables, tout autant que leur position hiérarchique au sein du groupe. Puissance 4. Mais on reste inévitablement seule face à ses choix. Trop souvent les mauvais pour l’héroïne du film. Elle progresse, elle chemine, s’affirme et se fait tour à tour, femme, rebelle et dealeuse. Sortie de sa chrysalide pour devenir non pas un papillon mais une mite. N’y a-t-il qu’un avenir miteux pour elle?

Mention spéciale pour les quatre actrices du film, non professionnelles, qui rappellent les grandes heures du cinéma néo-réaliste. On souhaiterait pourtant que cette vie là, ne le soit pas, réaliste.

Une nouvelle amie. De François Ozon. Sortie le 5 novembre.

Librement adapté d’une nouvelle de Ruth Rendell , the new girlfriend, le film de François Ozon aurait dû garder le titre originel, beaucoup plus lourd de sens. Le nœud de l’histoire est assez surprenant pour ne pas être dévoilé ici. Alors comment parler de cette métamorphose? Tout simplement parce que le film lui même n’a de cesse de se métamorphoser, empreint d’un humour vaudevillesque parfois, invoquant une forme de thriller qui n’est pas sans rappeler le Norman Bates de  Psychose ensuite, et surtout parce qu’il ne s’arrête jamais sur une forme « encarcannée » de la sexualité. A la question du deuil, Ozon apporte une réponse en forme d’amitié polyproteiforme.

Whiplash.  De Damien Chazelle. Sortie le 24 décembre. 

C’est Rocky à la batterie. Ou le destin d’un jeune musicien galvanisé par la maltraitance qu’il subit. Filmer la musique c’est parfois un écueil mais quand c’est réalisé avec brio, comme c’est ici le cas, c’est grandiose. Pas besoin d’être mélomane pour être emporté par la musicalité du film, qui commence in media res, par un vibrant solo. Il faut suer sang et eau, littéralement, et se prendre des cymbales en pleine face pour se dépasser, pour dépasser son maître, pour l’achever artistiquement afin de devenir davantage qu’un homme, un batteur. Un battant.

Publicités
Cette entrée a été publiée le 9 juillet 2014 à 1503 29. Elle est classée dans Flair et taguée , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :