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Aux origines du selfie

Entré au dictionnaire, élu mot le plus populaire en 2013, le selfie est devenu un vrai phénomène de société. On le théorise, on l’analyse et même les plus grands le pratiquent (Barak Obama aux obsèques de Mandela..). On y voit l’expression d’un narcissisme exacerbé, bien que Narcisse n’ait rien à voir là dedans, lui se regardant perpétuellement parce qu’il ne pouvait pas se garder. Aujourd’hui on se (re)garde dans nos mémoires vives, dans nos clouds et on s’expose sur tous les réseaux sociaux. Avec comme idée sous-jacente, qu’en s’exposant ainsi, on démontre au monde entier notre bonheur, notre félicité.

Pourtant, à son origine (dont je me targuerai ici d’être à l’initiative) le selfie est un reflet de la solitude. Février 2005, weekend à Rome, ce n’est pas comme dans la chanson, je ne suis pas « tout les deux sans personne », mais bien seule. Devant la fontaine de Trévi tous les touristes se font aimablement immortaliser par d’autres passants, au début du siècle il n’est pas encore rentré dans les moeurs de retourner son appareil contre soi. J’ai envie de garder une image de moi devant cette fontaine mais il est hors de question que je ne m’abaisse à solliciter quelqu’un d’autre pour immortaliser mon passage devant la fontaine de Trévi. Je fais donc semblant de prendre en photo la place pour en réalité me selfiser devant ce spot romain. Ici naquit le premier selfie.

Au retour de mes vacances alors que je regardais les photos du Colisée, je suis tombée sur ce cliché, qui m’a peiné. Le daguerréotype d’une escapade esseulée. Je l’ai immédiatement effacé, et cette invention n’est pas passé à la postérité.

Depuis, Apple a créé des cameras reverse, et Cara Delavigne est célèbre pour ses nombreux autoportraits. Mais je continuerai à préférer les photos de groupe, prise par un tiers (ce qui a en plus l’avantage de ne pas déformer le visage), ou à la limite les ussies qui scellent un moment partagé, créent un souvenir.

J’ai passé cet été une semaine de vacances avec une amie qui n’a eu de cesse de prendre des selfies. Dans quelques années alors que sa mémoire aura flanché et qu’elle regardera les photos de ses vacances, elle n’aura plus aucun souvenir de moi, aucune idée de nos fous rires.

Nous ne sommes pas faits pour être tout seul à bout de bras, n’est ce pas?

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Cette entrée a été publiée le 5 septembre 2014 à 2311 10. Elle est classée dans Flair et taguée , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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