hellohelwe

Whiplash

http://fr.blastingnews.com/culture/2014/12/whiplash-un-coup-de-fouet-dans-les-salles-obscures-00207431.html

C’est Rocky à la batterie. Se faire mal pour apprendre, souffrir pour grandir. Ou le destin d’un jeune musicien galvanisé par la maltraitance qu’il subit. Il y a une forme de torture dans cet apprentissage. C’est douloureux mais c’est beau. Filmer la musique c’est parfois un écueil mais quand c’est réalisé avec brio, comme c’est ici le cas, c’est grandiose. La rencontre de deux arts c’est la tectonique des plaques, et quel tremblement! Quelle maîtrise de son sujet. Le film est dirigé, orchestré avec maestria. Le montage semble être fait au battement du métronome. Chaque respiration a une amplitude et chaque plan une intensité.  Il fallait sûrement un coup de fouet comme celui-ci pour que le jeune réalisateur Damian Chazelle (auteur d’un film en 2009 et deux à paraître en 2015) s’envole comme un Bird.. et révèle son talent.

Nul besoin d’être mélomane pour être emporté par la musicalité du film, qui commence in media res, par un vibrant solo. Nul besoin non plus d’avoir été maltraité par une figure tutélaire, d’avoir envie de tuer son père pour s’identifier aux personnages si talentueusement incarnés. Chazelle réinvente le « comment j’ai tué … mon maestro ».

Nous pourrions d’ailleurs digresser sur J.K Simmons qui endosse enfin un premier rôle, cet acteur incroyable et incroyablement sous-employé dont le visage nous est familier grâce à pléthores de rôles secondaires (on peut le voir actuellement au cinéma dans Men, Women and Children). Et gageons d’une carrière exponentielle pour Miles Teller.

Reste que les spectateurs avertis seront attentifs à la mise en scène qui ne se tolère rien d’a peu près, qui exige de son esthétisme la même rigueur qu’elle fait subir à son acteur. Chaque plan est léché, d’une prodigieuse stabilité autant que les caisses, elles, vibrent et explosent. La lumière est douce, chaude, mesurée autant que les personnages sont eux, incontrôlés, incontrôlables.

Il faut suer sang et eau, littéralement, et se prendre des cymbales en pleine face pour se dépasser, pour dépasser son maître, pour l’achever artistiquement afin de devenir davantage qu’un homme, un batteur. Un battant.

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Cette entrée a été publiée le 18 décembre 2014 à 1806 07. Elle est classée dans Flair et taguée , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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