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En eaux troubles

Ce qu’aurait du faire Jean Vigo ce n’est pas une leçon de natation mais une leçon d’abnégation, tant mettre un orteil dans un bassin public, relève, pour celui qui aime nager, du sacerdoce.

L’homme est une méduse pour l’autre. Et sa présence est nocive.

Les masques de piscine n’embuent pas la vue et il est intéressant de regarder les gens autours.

Il y a celles, toujours par deux, qui trouvent ça « sympa » de battre des pieds, les mains sur une planche et d’occuper toute la largueur du couloir juste pour papoter, un peu comme si elles étaient les héroïnes d’une publicité microlax. Useless

Il y a celui qui se prend pour Jacques Maillol, et à grand renfort de tuba High Tech et de palmes interminables, fait du stationnaire en fond de piscine municipale. A 2m30 de profondeur, attention à ne pas sauter les paliers de décompression ! A moins que celui-ci soit un inspecteur en charge de vérifier le bon fonctionnement du système de surveillance Poséidon, censé se déclencher si quelqu’un reste trop longtemps sous l’eau. Eaux profondes.

Il y a celle qui débarque au bord du bassin comme si elle venait de débarquer d’un avion de la flotte de Caribean Airlines, et qui « saute » dans l’eau, en se bouchant le nez, vêtue d’un superbe deux-pièces à fleurs hawaïennes. Une fois dans l’eau, elle a l’air perdu, et ne sait pas quoi faire. C’est qu’elle ne doit plus bien visualiser les cocotiers. Vacancière.

Il y a celui, qui, jambes épilées, assume et porte bien le slip de bain, et arbore un dauphin tribal tatoué sur la cheville. Lui, on sait que, même avec un pullbuoy entre les jambes, il va nous mettre à l’amende et qu’on a plutôt intérêt à se décaler sur le côté de la ligne pour qu’il ait le loisir de nous doubler à chaque fois qu’il passe près de nous. Pro du dimanche.

Il y a celle qui flotte beaucoup, beaucoup trop. C’est suspect d’ailleurs. Où l’on constate que les implants fessiers sont très identifiables en milieu marin. Silicone.

Il y a celui qui est là pour tenir les murs de la piscine. Immergé, au bord, il ne nage pas. C’est un peu comme si il était en terrasse de café à regarder les gens passer sauf qu’il est en moule-bite, dans de l’eau à 27°, sans chaise et sans café. Conceptuel.

Il y a celle qui fait un genre de programme de natation fractionné : une longueur en deux minutes et deux minutes de repos. A son temps passé en piscine on pourrait la penser sportive, ramené au nombre de longueurs, c’est moins évident. Tricheuse.

Et puis il y a le directeur de la piscine, celui qui décide qu’aux horaires d’ouvertures au public il va dédier deux couloirs aux leçons pour enfants, deux couloirs pour palmes et plaquettes et que donc les autres vont se bousculer dans les trois pauvres couloirs restants. Sens du profit ?

 

Aujourd’hui, à cause du plan Vigipirate, un homme s’est vu refuser l’accès à la piscine parce qu’il avait une arme sur lui. Heureusement qu’il n’a pas été accepté, parce qu’au regard de l’embouteillage dans mon couloir, j’en aurais bien flingué quelque uns. Carnage.

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Cette entrée a été publiée le 1 avril 2015 à 1806 23. Elle est classée dans Flair et taguée , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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