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La Belle Personne

Il est rare qu’une interview soit si discrète, qu’un acteur (ici également réalisateur) réponde mezzo voce, alors que son but est de faire parler de lui et donc de faire du bruit. Louis Garrel murmure à mon oreille.

C’est pétrie de quelques préjugés que je m’assoie en face de lui : acteur bien né à qui tout sourit, germanopratin quelque peu pédant, physique éternellement en noir et blanc. Tout sera démenti.

Il est humble, attentionné (n’oublie pas de remercier lorsqu’on lui apporte un verre d’eau gazeuse) et patient. Jamais las de répondre aux mêmes questions que celles du dossier de presse. Prolixe, drôle et didactique.

Alors oui Les Deux Amis « c’est un canevas classique, un exercice de style » dont l’argument est celui des Caprices de Marianne, mais mu par le désir de faire « un film un peu hybride » et porté par des acteurs incroyablement talentueux : la rage, la justesse et la beauté de Golshifteh Farahni, le tragicomique et la fringance de Vincent Macaigne et la finesse de Louis Garrel. Le film a été écrit pour eux, ils se le sont alors approprié : « Vincent improvise beaucoup. Au montage j’ai compris tout ce qu’il faisait. Il faisait juste alors que je le croyais hors sujet ». Jean-Luc Godart disait que si « mettre en scène est un regard, alors monter est un battement de cœur » Si Louis Garrel est réalisateur alors il porte un regard bienveillant sur ses acteurs et monte un film à l’unisson de leur trois cœur.

Louis Garrel

Curieux de tout il convoque aussi bien Steven Seagal que François Truffaut, Claude Pinoteau et Kurosawa. Peut-être pour ne pas tomber dans le carcan de références trop intellectuelles (tuer le père ?) même s’il pense qu’ « il faut éduquer les gens avec les films de Rossellini. Ou de Bresson » On ne se refait pas. Mais il insiste : « quand je fais le film je sais que je veux faire un film de variété, qui essaierait de parler d’amour de façon amusée, légère et aventureuse. Je ne veux pas qu’on s’y ennuie ». C’est pour ça que le film part vite, que l’exposition ne dure pas plus de quinze minutes et qu’une forme de fureur emporte le réalisateur. Flash-back, panoramiques, travelling, ralentis, accélérés, plans larges, serrés, américains. Toutes les figures de style cinématographique sont convoquées. Tachycardie d’un jeune réalisateur talentueux. A vous couper le souffle.

Abel dit dans le film « le soir quand je m’endors je crois que l’amour existe ». Certains après midi, je crois aussi que les belles personnes existent.

Il digresse, parle du tragique en gésine dans la musique d’Anthony & the Johnson, des anciens festivals de théâtre en Iran et de Premiers Baisers. « Avant j’avais un peu honte de mes idées donc je ne communiquais pas assez » c’est merveilleux qu’il ait changé.

Louis Garrel n’est pas en noir et blanc, il est incroyablement lumineux.

 

Les Deux Amis, de et avec Louis Garrel, Sortie le 23 septembre.

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Cette entrée a été publiée le 10 septembre 2015 à 1806 54. Elle est classée dans Flair et taguée , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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